29/12 | Fr. Aloïs : Une nouvelle fraternité entre les hommes peut naître
Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, s’est adressé pour la première aux 40000 jeunes qui participent à la rencontre européenne animée par la communauté de Taizé à Bruxelles jusqu’au 2 janvier. Simultanément, les jeunes étaient réunis dans les Palais 7,11 & 12 du Heysel, ce lundi 29 décembre à la prière du soir. Les jeunes ont pu entendre la méditation de Frère Aloïs dans 22 langues grâce à la traduction diffusée sur des ondes radio.
Frère Alois, Bruxelles, lundi soir 29 décembre 2008
Une nouvelle fraternité entre les hommes peut naître
C’est une grande joie d’être à Bruxelles. Nous remercions les habitants de la ville et des alentours d’avoir ouvert leurs portes. Dans une période où l’horizon s’assombrit pour beaucoup, il est important que nous nous retrouvions pour redire l’espérance qui nous anime.
Cette espérance se nourrit de la conviction qu’une nouvelle fraternité entre les hommes peut naitre. Une nouvelle solidarité peut renouveler la vie de nos sociétés. Ces jours nous allons échanger sur cette question, mais plus encore, nous allons l’expérimenter.
Echos de la rencontre de Nairobi
Voici quelques semaines, avec douze de mes frères, nous étions en Afrique et nous en avons le cœur encore empli. Avec les Eglises de Nairobi, au Kenya, notre communauté avait préparé une rencontre de jeunes africains.
Cette rencontre a réuni 7000 jeunes de 15 pays d’Afrique, avec aussi des jeunes des autres continents. Nous étions heureux de voir le « pèlerinage de confiance » s’élargir à l’Afrique. Par cette rencontre nous avons voulu contribuer à construire des relations plus fraternelles au-delà des blessures de l'histoire et du manque de contacts entre peuples. S’il n’est pas possible de refaire le passé, des jeunes Africains ont découvert la joie de traverser les frontières et de recevoir les uns des autres.
Face aux déchirements que connait le continent africain, beaucoup poursuivent courageusement la recherche de réconciliation et d'apaisement. Pour les chrétiens, il s’agit de tenir dans cette espérance : le lien du baptême dans le Christ est plus fort que les divisions. Il est des chrétiens qui sont allés jusqu’à payer de leur vie cette conviction de la foi.
Laissons-nous inspirer par ces chrétiens d'afrique
Et maintenant, je continue en flamand. Un jour, pendant la rencontre à Nairobi, il y a eu un moment d’échange avec les Rwandais, venus à plus de 250. Une jeune fille appelée Clarisse a prononcé des paroles que je voudrais vous confier.
Clarisse a dit: « Dites en Europe de prier pour les jeunes du Rwanda. Chez nous le chômage fait des ravages. Et il y a tous ceux qui, à cause des souffrances endurées lors du génocide, ne peuvent plus croire en Dieu, ni même croire en la vie. »
Parmi ces jeunes venus de divers pays éprouvés, s’il y avait des peines il y avait aussi du bonheur. Aussi étonnant que cela paraisse, en Afrique les difficultés de la vie ne chassent pas la joie, la gravité n’exclut pas la danse.
Pendant les prières communes, une vitalité éclatait dans les chants de louange. Puis, un long silence exprimait l’attente de tous, qu’ils soient kikujus, louos, massaï, congolais, rwandais. Leur attente est aussi la nôtre : la paix du cœur et la paix pour toute la famille humaine.
Nous voudrions nous laisser inspirer par ces chrétiens africains, pour être à notre tour porteurs d’espérance et de joie là où Dieu nous a placés.
Dans la « Lettre du Kenya », qui vous a été donnée, il y a une image d’un Christ africain. Ce Christ se trouve ici, exposé dans le lieu de silence. Allons-y chaque fois que cela est possible et prions pour les divers peuples africains.
Il est vrai que nous voyons rarement l’efficacité de notre prière. Mais si la prière pour les autres signifiait de nous plonger dans le courant d’amour qui circule entre Dieu et les hommes ? Alors nous pourrions comprendre que notre prière contribue à ce que l’amour de Dieu rejoigne tous les hommes au-delà de blocages qui se dressent toujours. Oui, même si nous ne savons pas comment, Dieu exauce nos prières.
Prière pour les peuples
Un enfant : Chaque soir nous allons dire les noms et prier pour les peuples qui sont ici. Nous saluons ce soir les jeunes de Norvège, Suède, Finlande, Danemark, Portugal, Espagne, Italie.
Dans les trois halls où nous sommes réunis, la prière va maintenant continuer par le chant et la prière autour de la croix. Chacun va pouvoir venir poser son front sur la croix pour confier à Dieu ses propres fardeaux et ceux des autres.
