Atelier | Répondre aux situations de guerre ou de conflit social
A 15H15 l'église Saint-Lambert de Laeken, à l'occasion de ces journées aménagée en oratoire taizéien, accueillait un carrefour dont le titre ne trahissait pas les différents aspects qui seront pris en compte : "Répondre aux situations de guerre ou de conflit social, construire la paix dans le monde et aussi en nous. Témoignage du Cachemire et échanges animés par des membres de Pax Christi International".
Dans un grand calme, sans doute soutenu par le cadre, chacun s'installe et prend possession qui d'un coin de tapis, qui d'une chaise. Face au public de 120 participants environ : Jana, Victoria et Thomas. C'est en tant que jeunes travaillant à Pax Christi que Jana et Victoria ont voulu aborder le sujet proposé et sont venues animer cette rencontre. Tout d'abord, une courte présentation de Pax Christi donne la perspective large dans laquelle s'insère la réflexion proposée : une perspective dans laquelle la prière joue le rôle de racine d'engagement dans le monde.
Faire apparaître les différentes facettes de la définition du conflit : telle était la première démarche proposée. Sur un mode simple, alimenté par la sollicitation de l'avis du public, le propos des animateurs nous amène à considérer la nature exacte du problème (à savoir la façon de gérer le conflit plus que le conflit lui-même) et les conséquences positives possibles des situations conflictuelles (débats d'idées, leçon d'apprentissage sur soi, etc.). La présentation de quatre projets de Pax Christi met en avant les histoires positives construites dans des situations de conflits (Balkans, Philippines, Congo-Ouganda), en dépassant ainsi la perception négative alimentée par les médias. La première de ces histoires instructive est celle de la naissance de l'organisation elle-même, comme mouvement de français priant pour l'Allemagne dans le contexte de la 2e guerre.
En deuxième partie du carrefour intervient Thomas, étudiant en anthropologie de l'université d'Amsterdam. Il remet en contexte la démarche qui l'a mis en lien avec Pax Christi et qui l'a mené, il y 6 mois, à un séjour au Cachemire. Cette région du monde est confrontée depuis des décennies au défi d'une réponse à l'occupation indienne. Animé par la philosophie non-violente, Thomas a choisi la voie de recherches anthropologiques engagées, et son séjour lui permet de soutenir les jeunes du Cachemire se posant la question de l'engagement ou non. Cette expérience lui inspire plusieurs réflexions : la non-violence peut être proposée comme une stratégie, pas seulement comme une philosophie ; la rencontre des jeunes du Cachemire est une expérience de transcendance des différences ; la situation militarisée du Cachemire l'a confronté aux limites de son propre humanisme et de sa capacité à prier pour les "ennemis". Thomas a été un exemple de jeune étudiant-activiste.
Se pencher sur le thème du conflit interne semblait impératif, tant notre façon de résoudre un conflit de notre vie influence la façon de résoudre les conflits dans notre engagement social (dans notre quartier, la ville, le monde), et inversément. Pour nous aider à décoder nos réactions face aux conflits, la similarité des comportements animaux a été présentée (silence observateur et retraite pour la souris, changement d'attitude pour le caméléon, riposte pour le lion, etc.)
La petit demi heure qui restait permet à quatre groupes d'échanges de se former, qui en anglais, qui en français. Chacun y joue le jeu de l'identification animalière proposé. Il en ressort qu'il y a de l'autruche, du singe, du caméléon etc. en chacun de nous!
Au final, un carrefour d'écoute (soutenu par quelques vues de diaporama), de réflexion, de mise en démarche simple et directe. De quoi alimenter la prise de conscience du poids de notre présence et de notre prière pour le monde.
Anne Dupont
Voir article précédent :30/12 | Le Christ, lumière de nos intelligences