Court-Saint-Etienne | Court-Saint-Etienne ouvre ses portes...et son coeur !

Publié le 30/12/08 à 14:03

Ce 29 décembre 2008 quelques 130 jeunes sont accueillis par une soixantaine de famille. Dès 9h30 les premiers débarquent du train et puis tout au long de la journée chaque train qui passe nous apporte un flot de visages aux traits tirés certes mais réjouis. Nos rues sont cosmopolites et l'on entend la mélodie de langues venues d'ailleurs... Lituanie, Ukraine, Pologne, Allemagne et Italie.

Autour d'un bol de soupe pour se réchauffer, d'un sandwiche ou d'une gauffre, très vite le contact est noué ! Le centre d'accueil est une "plaque tournante" et les voici qui repartent déjà vers leur nid pour quelques jours avec leurs hôtes qui ne cachent pas leur joie. "...car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi.

30 décembre : Après une nuit bien trop courte

Il n'est pas évident d'entendre sonner son réveil et quel dilemme pour chacun: écourter encore la nuit ou se priver du petit déj. ? Aux premiers rayons d'un soleil qui bien que tout rouge n'arrive pas à nous réchauffer, nous voici déjà rassemblés dans l'église.  Nos 130 jeunes et plus de 50 paroissiens: se serrer les coudes réchauffe ! Les chants se font louange au Seigneur et dans le silence Il nous dit: abandonne-toi tout simplement à la vie de l'Esprit Saint, ton peu de foi y suffit.

Cette vie reçue comme un don, change-t-elle quelque chose à mon existence et à celle des autres ? Question autour de laquelle débat chaque groupe de partage. Et puis comment ne pas s'émerveiller du témoignage de vie de Pie Tshibanda, des joies et des défis de la vie ? Il faut toujours lutter pour vivre et  être accueilli en tant que noir, qu'étranger n'est pas évident. La meilleure manière de servir "les miens" est de témoigner par toute la terre...afin de mieux vivre ensemble.

31 décembre : Quelque chose d’extraordinaire

...voilà ce qui s’est passé chez nous, à Court-St-Etienne, dans la nuit du 31 décembre 2008…oui, quelque chose d’inhabituel.
Le réveillon est devenu « re-veillons »  ensemble pour la Paix, «ré-éveillons » la paix entre tous les peuples. Et ce qui semble être un idéal inaccessible devient une réalité bien concrète. Laudate omnes gentes, laudate Dominum. Oui bien des peuples étaient représentés en notre église mais il n’y avait plus d’étrangers. Se trouver ainsi côte à côte, unis par les mêmes chants, la même prière, à l’écoute d’un même Parole aux accents de chacune de nos langues d’abord et aux accents d’un silence habité ensuite, c’est accueillir concrètement une paix profonde. Celle que le Seigneur nous donne.
Da pacem Domine…in diebus nostris. Cadeau du Seigneur à partager… et les douze coups de minuit nous en donnent l’occasion. Que de chaleureuses embrassades alors que les cloches sonnent à toute volée !
Suit la Fête des Peuples. Comme par magie le grand hall omnisports du Collège-St- Etienne s’est transformé en Auberge espagnole où il fait bon s’arrêter. S’arrêter pour tenter d’arrêter le temps…on est si bien ensemble ! Et puis il y a tant et tant de bonnes choses à déguster. Il y a aussi tout à découvrir de ce qui fait l’identité de chaque peuple et la richesse d’une fête multi-culturelle. La joie nous tiendra éveillés jusque bien tard dans cette nuit mémorable.

1er Janvier 2009 : Chantez, priez, célébrez le Seigneur…

Dieu nous accueille peuples du monde !  Dieu nous accueille dans sa maison. Eternel est son Amour ! Une célébration eucharistique est concélébrée par les prêtres des différentes nationalités accueillies chez nous et «nos» prêtres. Chacun de nous entend la Parole dans sa propre langue.
Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse ! A l’image de Marie nous conservons avec soin toutes ces choses et les méditons en nos cœurs.
Et la fête continue en ce 1er janvier où chacun se retrouve dans sa famille d’accueil pour un repas gourmand du jour de l’an. Moment de convivialité qui continue à tisser bien des liens. Mais le temps nous presse et les jeunes nous sont déjà arrachés pour rejoindre le Heysel.

2 janvier : Temps morose et gris

Temps morose et gris en ce 2 janvier, à l’image du voile de tristesse qui doucement descend sur ceux qui partent et ceux qui restent…personne n’y échappe !  Jésus, le Christ, ne laisse pas mes ténèbres me parler. C’est à la fois par un appel et un envoi que le Seigneur nous répond ce matin. Il nous conduit sur le chemin d’Eternité qui est chemin d’Espérance et de Vie dont il est la source. On ne retient pas l’eau d’une source, on la laisse s’écouler, partir, sachant toute la vie qu’elle transporte et sachant que si elle part au loin, c’est pour irriguer d’autres contrées et y semer la Vie.
Le train arrive, n’y a-t-il pas assez de place pour y entrer ou bien est-ce l’envie de rester qui l’emporte ??  Le chef de gare n’en fini plus de siffler le départ…que tous voudraient tant retarder. Si la tristesse de connaître déjà la fin de cette belle expérience d’accueil est bien réelle, un sentiment plus fort la domine, c’est celui de toute notre gratitude pour ce vécu d’intense fraternité entre nous tous.

A nous de nous mettre aussi en route : la Pologne nous attend, rendez-vous à Poznan en décembre de cette nouvelle année !

Voir article précédent :
Soignies | Joie de l’accueil