Atelier | Créativité et fidélité

Publié le 02/01/09 à 17:25

Toutes les générations sont confondues en ce jour autour de l’écrivaine Colette Nys-Mazure, qui nous a fait réfléchir sur le lien entre créativité et fidélité, grâce à des expériences de vie et à l’écriture. Colette Nys-Mazure aime beaucoup le mot ‘créativité’. Souvent nous pensons que ce mot n’appartient qu’à Dieu, et les artistes, peintres, sculpteurs, poètes ou autres en ont peur, car ils en font un monde idéal qu’il n’est pas.

Conserver son enthousiasme

Le début d’un travail de créativité est d’abord en général porté par l’enthousiasme. Ce qui importe après ce premier élan créateur, est de le conserver dans la durée, de pouvoir persévérer, continuer dans cette voie. Parfois, des zones plus sombres sont à traverser, des périodes de doute  s’installent :
soit l’artiste n’est pas bien reçu par le public. Continuer l’œuvre entreprise n’est alors pas facile, voire impensable. Soit l’artiste est trop bien reçu et il existe un danger de se reposer sur ses lauriers en se disant être arrivé au but, sans avoir l’envie de poursuivre le travail déjà accompli.
Nous comprenons déjà ici le lien entre la créativité et la fidélité : il s’agit d’être persévérant, fidèle au chemin que l’on a commencé à tracer.

Colette Nys-Mazure nous a parlé de trois mots ayant la même racine : éveil

L'attention

L’attention, c’est être éveillé dans la vie : c’est avoir un éveil des sens, du cœur, de l’âme.
C’est aussi être vigilant : l’attention aux autres, l’attention au danger, soutenir son attention pour étudier ou retenir des informations (l’attention est concentrée). L’attention peut être rêveuse, flâneuse, nécessaire pour créer et inventer. Cette attention se retrouve lors de fêtes d’anniversaire, de pièces de théâtre, …

Souvent les enfants sont très occupés dès le plus jeune âge, ils sont dans le mouvement et dans l’action. Il est important de laisser des espaces d’éveil, d’attention. Quand on rentre dans son for intérieur, nous réalisons l’expérience de la solitude existentielle. Il est important de savoir que chacun naît seul, vit seul et meurt seul. Reconnaître cette solitude est la condition pour qu’il puisse y avoir une rencontre par après. Dans le mot seul, nous retrouvons les quatre premières lettres des mots suivants, correspondants à quatre facettes de la solitude :

- Solitaire : la personne solitaire aime cet état et l’a choisi elle-même
- Esseulé : l’être esseulé subit la solitude, qui n’a pas été voulue par lui, il en souffre car ce n’est pa son choix.
- Unique : chacun est différent des autres, nous sommes tous uniques.
- Libre : nous sommes seuls à décider de nos actes et à en porter la responsabilité, car nous en avons fait le choix.

Veiller

Nous avons ensuite le mot veiller. Nous devons veiller afin de ne pas nous laisser entraîner par la vie et afin de garder la fidélité à ce que nous avons entrepris grâce à l’élan créateur. Différence subtile entre être éveillé, signifiant ouvrir la porte de son cœur et être veilleur, écouter son cœur.

Emerveillé

Le troisième volet est consacré au mot émerveillé.  On ne peut écrire sans garder un pouvoir d’émerveillement. Un lien existe entre le fait d’être émerveillé et celui de la reconnaissance. Reconnaître, c’est dire merci, avoir de la gratitude pour le travail réalisé. Le fait d’être émerveillé n’est pas lié à de la naïveté, comme on pourrait le croire. Recevoir des éloges et de la reconnaissance, c’est important pour continuer le travail créatif entrepris.

Colette Nys-Mazure nous a proposé la lecture de plusieurs extraits de ses livres rejoignant le thème « Créativité et fidélité ».
Quelques extraits musicaux ont été joués durant ce temps d’échange, nous faisant découvrir une autre source de créativité

Et pour finir sachez que Colette Nys-Mazure prépare un projet d’ouvrage pour l’année 2009. Patience vous pourrez bientôt le découvrir.

Aurélie Cauwe

Voir article précédent :
Rencontre | Rencontre des Belges le premier janvier au palais 12